Pèlerins de la Mémoire…

 

 

 

 

 

Depuis 2003, le Conseil Général des Alpes-Maritimes propose aux jeunes azuréens « de pérenniser la mémoire du devoir d’humanité » en organisant les « Voyages de la Mémoire ».

 

 

 

Mardi 15 février 2011, un groupe de deux cents élèves du département – dont faisaient partie vingt-et-un jeunes du Collège Catholique Notre-Dame de … et deux adultes – est donc parti en avion, direction Cracovie en Pologne, afin de se rendre sur les lieux tristement célèbres de l’immense complexe concentrationnaire d’Auschwitz sur les communes d’Oświęcim et de Brzezinka.

 

 

Ce vaste complexe compte trois Camps principaux :

- Auschwitz I (camp principal – « Stammlager », camp de concentration mis en service en juin 1940 dans une ancienne caserne)

- Auschwitz II (Auschwitz-Birkenau, camp d'extermination créé en septembre 1941)

- Auschwitz III (Auschwitz-Monowitz, camp de concentration centré sur le travail forcé créé en février 1941)

 

 

Auschwitz : plan de situation générale des trois camps

 

¯¯¯¯¯

 

 

  

Notre visite a débuté le matin, vers 10h30, par le Camp de Birkenau (Auschwitz II).

 

 

Auschwitz Birkenau : plan général du camp

 

 

Nous avons passé le portail, devenu le symbole universel de la barbarie nazie, par laquelle arrivaient les trains de déportés de toute l’Europe.

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), juive devenue carmélite, a emprunté ce porche le 9 août 1942… Simone Veil aussi, le 15 avril 1944, mais elle en réchappa.

 

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

(lire Témoins du Christ sur le site)

 

 

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

Le ciel était ensoleillé ce jour-là, mais un vent terriblement glacial soufflait sur le camp…

 

On peut malheureusement imaginer les appels interminables des prisonniers à peine couverts… Ils pouvaient durer des heures et des heures dans le froid, la bise, la neige, la pluie, ou dans la chaleur étouffante de l’été, tout cela sous les cris et les coups des S.S. et des Kapos… L’appel le plus long dura dix-neuf heures (c’était à Auschwitz I) !!!

 

 

A l’arrivée des convois, sur la rampe entre les voies, une sélection était faite dès la descente des déportés : le travail ou la chambre à gaz… Les deux conduisaient inexorablement à la mort…

Tous les bagages et leurs contenus étaient récupérés, amenés au « Kanada » et triés.

 

 

 

 

 

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

Nous sommes rentrés dans deux baraquements en bois (reconstitués à l’identique) ; sont d’origine uniquement les poêles et les cheminées en briques (qui ne fonctionnaient jamais !) et les latrines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

Le camp des femmes est constitué de bâtiments en briques, toutes aussi sordides que les baraquements en bois des hommes.

 

 

 

 

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

Notre guide a mis très fortement en évidence cette entreprise nazie funestement « performante » de vexation, d’avilissement, de déchéance, d’épuisement, d’anéantissement… de mort à petit feu : tout était planifié pour humilier, rabaisser, briser, détruire les prisonniers afin de les conduire à une complète et totale déshumanisation.

Ce qui n’était pas fait par le zyklon B l’était par la dysenterie, le froid, la faim, la soif, le typhus, l’insalubrité, le travail forcé harassant, l’extrême fatigue, la peur, l’inquiétude permanente du lendemain, les nuits sans sommeil, les brimades…

 

 

 

A l’entrée du vestiaire qui donnait accès à une des chambres à gaz, notre groupe s’est recueilli et a prié le « Notre Père » pour toutes les victimes mortes à Auschwitz et ailleurs.

 

¯¯¯

 

 

 

Vers 13h00, Une courte cérémonie a eu lieu au Mémorial avec lecture de textes et dépôt de gerbes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

¯¯¯¯¯¯¯

 

 

 

 

 

De 15h00 à 18h00, nous avons visité le Camp d’Auschwitz I.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le portail d’entrée est surmonté de la fameuse, cynique et indécente inscription « ARBEIT MACHT FREI » – « le travail rend libre ».

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre visite a commencé par un bâtiment qui abritait une chambre à gaz et des fours crématoires.

 

 

¯¯¯

 

 

 

Le site d’Auschwitz I est aussi lugubre que celui de Birkenau… L’air, les murs mêmes,  sont comme chargés de toutes les souffrances, de tous les cris, de tous les soupirs, de toutes les larmes, de toutes les prières des hommes, des femmes et des enfants qui ont péri ici…

 

On y voit des alignements de sinistres « blocks » d’habitations en briques, d’inquiétants miradors, de hautes clôtures de fil barbelé dressées comme autant de terribles gardiens…

 

Certains bâtiments abritent de tristes souvenirs des déportés : photographies, cheveux, lunettes, prothèses, chaussures, taliths (châles de prière juifs), valises, paniers, brosses à dents…

 

 

 

 

 

 

 

 

¯¯¯

 

 

 

La prison du camp – oui, une prison dans la prison ! – se trouvait dans le block 11. Les dortoirs des condamnés à mort se situaient au rez-de-chaussée, les cellules et les cachots pour les punitions au sous-sol. Dans la cour, se déroulaient les exécutions (fusillades, pendaisons).

 

La cellule 18 garde la mémoire du sacrifice d’un homme pour sauver un autre homme.

Il s’agit de saint Maximilien Kolbe, prêtre franciscain polonais. Arrêté le 17 février 1941 et emmené à la prison Pawiak de Varsovie, il fut transféré le 28 mai 1941, au camp d'Auschwitz. Malgré les privations, les persécutions et les souffrances, il demeura dans la paix et l'espérance.

En mesure de représailles pour l'évasion d'un prisonnier le 30 juillet, une dizaine de détenus fut choisi pour mourir dans le « bunker de la faim ».  Le Père Kolbe, au nom de sa foi au Christ, offrit sa vie à la place d'un père de famille, François Gajowniczek. Après une agonie de quinze jours et avoir accompagné ses compagnons jusqu'au bout, il mourut le 14 août 1941 d’une injection de phénol. Son corps fut brûlé le 15 août 1941, fête de l'Assomption. (voir http://www.immaculee.org)

 

         A quelques mètres de la cellule 18, nous avons prié le « Je vous salue Marie » pour toutes les victimes des camps et nous avons demandé à Dieu que « cela » ne se reproduise plus jamais.

 

Saint Maximilien Kolbe

 

Cellule 18

 

 

 

On ne sort pas indemne d’une telle visite, d’une telle plongée dans l’horreur de ce qui est sans doute le plus grand cimetière du monde…

 

Ce que nous avons vu et ressenti là-bas doit faire de nous d’inlassables témoins de l’amour et du respect du prochain… et du pardon…

 

 

Faisons nôtres ces lignes du Pape Jean-Paul II écrites il y a six ans :

« Soixante années ont passé depuis la libération des prisonniers du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. En cette circonstance, il n'est pas possible d'oublier le drame qui s'est produit en ce lieu, résultat tragique d'une haine programmée. En ces jours, il faut se souvenir des millions de personnes qui, sans aucune faute de leur part, ont supporté des souffrances inhumaines et ont été anéanties dans les chambres à gaz et dans les fours crématoires. Je m'incline devant tous ceux qui ont eu à subir cette manifestation du mysterium iniquitatis (mystère de l’iniquité, de l’injustice)…

Si en effet nous faisons mémoire du drame des victimes, nous ne le faisons pas pour rouvrir des blessures douloureuses ni pour réveiller des sentiments de haine ou des projets de vengeance, mais nous le faisons pour rendre hommage à ces personnes, pour mettre en lumière la vérité historique et par-dessus tout pour que tous se rendent compte que ces terribles événements doivent être pour les hommes d'aujourd'hui un appel à la responsabilité, pour construire notre histoire. Que ne se reproduise jamais plus en aucun lieu de la terre ce qu'ont subi les hommes et les femmes que nous pleurons depuis soixante ans ! »

[27 janvier 2005, Message du Pape Jean-Paul II

pour les 60 ans de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau]

 

 

TL

Animateur en Pastorale Scolaire