Les Saumons du Seigneur

 

 

L'enjeu et l'urgence de la catéchèse auprès des jeunes, enfants et adolescents, sont primordiaux. Car ces jeunes seront les adultes et les décideurs de demain !

Entre leurs mains reposent l'avenir du monde, la vie de l'Église, la sauvegarde de la Nature...

Ils portent dans leur cœur toutes les espérances souvent bafouées et piétinées des hommes d'aujourd'hui.

 

De plus, le fait d’être chrétien peut rendre la mission plus difficile, mais à coup sûr plus passionnante !

 

 

 

 

 

Les Saumons du Seigneur

 

Quel drôle de titre pour un article religieux ! Et pourtant !

 

Vous connaissez tous la vie extraordinaire de ces poissons de légende que sont les saumons. Ils naissent à la source des torrents montagneux et, petit à petit, descendent vers l'océan où ils resteront plusieurs années. Puis un jour, l'instinct les appelle à remonter vers le lieu de leur naissance.

 

Bravant les obstacles et les dangers les plus divers, ils arriveront enfin à destination et, à leur tour, donneront la vie, pour ensuite mourir…

 

Mais quel rapport, me direz-vous, avec le fait d'être chrétien ?

 

Et bien, j'en vois un ! Tout d'abord, le chrétien est porteur de vie, vie divine reçue au Baptême, « alimentée » et soutenue par la Communion Eucharistique, fortifiée déjà pour certains par la Confirmation, régénérée par le Sacrement de la Réconciliation.

 

Les saumons remontent les courants contraires, y laissant souvent des « écailles » !

Les chrétiens, eux aussi, nagent souvent à contre-courant des idées de ce monde !

Les tentations et les facilités sont grandes de nous laisser emporter par le flot général.

 

L'Évangile du Christ nous parle d'amour, de partage, de pardon, de respect, d’humilité ! Le monde, lui, parle de haine, d'égoïsme, de profit, d’orgueil !

 

Si certains saumons sont arrêtés par les pêcheurs, les barrages, la pollution, la fatigue, les oiseaux, les ours et autres prédateurs, des chrétiens le sont tout autant par le découragement, le doute et même parfois une certaine honte qu'ils éprouvent à être chrétien.

 

 

 

 « C'est en Lui qu'il vous faut marcher » (Col 2, 6)

 

Le monde, comme les eaux tumultueuses de la fonte des neiges ou des crues dévastatrices, risque de se perdre si les gens ne se « reprennent » pas un peu, d'abord humainement et, ensuite, religieusement.

 

Car ce qui est fait par la majorité n'est pas forcément ce qui est bien. D'ailleurs, profitant de ce malaise général, de ce « mal-être », des groupes proposent des alternatives, le bonheur, la réussite... moyennant de l'argent... Ce sont les sectes. Elles font miroiter des choses fantastiques aux gens mais, au bout du compte, elles étouffent la liberté de ces personnes souvent déjà fragiles psychologiquement.

 

Par contre, suivre le Christ Jésus, c'est assurément marcher sur le bon Chemin, ou selon notre contexte, « nager dans la bonne rivière », car en lui seul sont la Vérité et la Vie. « A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples: “Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.” » (Jn 14, 6)

 

 

« Vous avez été appelés à la liberté» (Gal 5, 13)

 

Il s'agit donc bien de liberté ! Le chrétien est, ou devrait être, l'homme libre par excellence ; non pas la liberté de faire tout et n'importe quoi, mais une vraie liberté, un vrai détachement des choses dans le sens où l'on ne se rend esclave de rien ni de personne.

 

Et croyez-moi, ils sont nombreux, nos petits esclavages ! Ah, c'est sûr, pauvres petits saumons du Seigneur, c'est dur de nager en évitant les pièges et les filets !

Il est plus facile aussi de suivre la masse par lâcheté, par peur, par faiblesse, par paresse, par intérêt, par flatterie, par ignorance...

 

Le Christ veut des hommes, des femmes et des enfants « debout », indépendants de tout courant, de toute mode... Il nous le dit dans l'évangile selon Saint Jean : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera » (Jn 8, 31-32).

 

 

« Heureux les doux ! » (Mt 5,4)

 

Un fléau très grave est en train de ravager le monde, y compris même à l'intérieur de nos familles quelquefois, et de nos écoles trop souvent : la violence.

 

C'est un fait, la violence a toujours existé.

Notre vie humaine est faite de violence : naissance, croissance, maladies, mort... Cette violence-là est incontournable ; mais de toute façon, elle fait partie intégrante de notre condition humaine.

 

Une violence plus sournoise, plus indirecte, et du coup plus dangereuse, imprègne les gens et encore plus les enfants.

 

Penchons-nous un peu sur la télévision. Rien qu'à regarder le journal télévisé, ce ne sont qu'images de guerres, attentats, accidents, manifestations qui tournent mal... Les films et les feuilletons nous montrent aussi des meurtres, attaques, viols... Tout ce que l'on nous fait voir risque, par la force des choses, de nous faire croire que notre monde n'est que violence, haine et vengeance. Même certains dessins animés, bien que les histoires soient imaginaires, nous abreuvent de violence, car les « gentils » sont obligés d'attaquer et de se battre pour se défendre contre les « méchants ». Et n’oublions pas les jeux vidéo !

Réalité et imaginaire se mêlent tellement et se succèdent si rapidement devant nos yeux, qu'il n'y a plus entre eux de limite ni de frontière. Bien évidemment, cette violence visuelle agit sur notre comportement.

 

Lorsque je traverse la cour de récréation, je touche du doigt la violence des enfants, dans leurs paroles et dans leurs actions, même dans leurs jeux...

 

Supprimer la violence est impossible.

Il faut donc apprendre à vivre avec, mais pas se laisser envahir par elle.

Maîtriser notre violence et notre agressivité, voilà le but.

 

 

 

La non-violence, ce n'est pas subir, laisser faire, être pusillanime, c'est faire autrement !

 

Oui, «  Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !... Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !... Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! » (Mt 5,4.7.9)

Fr.B